The Good Sister de Sarah Miro Fischer (2025)

Dès les premières secondes de “The Good Sister”, nous suivons Rose, infirmière en pleine dépression, suite à une rupture amoureuse pour le moins difficile. Sans logement, elle se retrouve à vivre chez son frère aîné Sami, avec qui elle entretient une relation fusionnelle. Un soir, Rose est interloqué par le bruit venant de la chambre de son frère. Se disant que ce dernier profite d’une longue nuit d’étreinte, elle préfère ne pas y prêter attention. Quelques jours après, Rose reçoit une convocation comme témoin dans une affaire de viol impliquant son frère. Son monde et ses certitudes se trouvent alors ébranlées. 


Un récit pour le moins interpellant, réalisé et co-scénarisé par une jeune metteuse en scène allemande, Sarah Miro Fischer. Cette dernière a une courte carrière puisqu’elle a à son actif un court-métrage “Spit”, sorti en 2022. L’histoire d’une femme explorant ses fantasmes. “The Good Sister” est son premier long métrage. 


Le film a, par ailleurs, été présenté à la Berlinale dans la sélection « Panorama », une section du célèbre festival visant à mettre en avant des récits queers, féministes et engagés. Un choix pour le moins pertinent car la réalisatrice a le mérite d’aborder un sujet délicat et dérangeant : celui du viol, non pas du point de vue de la victime mais du point de vue de l’entourage de l’agresseur. « Comment mon frère adoré peut être accusé d’un acte aussi odieux qu’un viol ? ». L’amour fraternel peut-il triompher face à la loi ? Des dilemmes moraux qui bouleverseront le quotidien morne de Rose.


En quelques scènes d’introduction, Sarah Miro Fischer présente le lien de complicité entre les deux protagonistes : ils dorment ensemble comme quand ils étaient petits, ils partagent des activités ensemble. Rose semble revivre au contact de son frère et tout naturellement, elle le croit incapable de commettre un viol, malgré ce qu’elle a entendu lors de cette fameuse nuit.


Dans ce sens, elle se placera du côté de son frère face à la justice. Situation problématique puisque son témoignage biaisé entraînera un non-lieu. En quelque sorte, une femme se retrouve seule avec sa honte à cause d’une autre femme défendant un homme violeur. 


Commence alors pour Rose une remise en cause des agissements et aveux de son frère. L’affaire la force à se remettre en question, à mettre en perspective le vrai du faux. En plein doute, Rose ira jusqu’à provoquer une rencontre avec Elisa, la victime. Une scène totalement improvisée pour les deux personnages qui montrera surtout la détresse psychologique de Rose, totalement dépassée par les évènements.


Au final, malgré un rythme décousu, la réalisatrice a le mérite de mettre en avant une réalité complexe : le viol vu par l’entourage de l’agresseur. Ainsi, elle amène les spectateurice.s à se questionner sur ses liens familiaux et affectifs. Dès lors, à l’avenir, on ne peut qu'espérer que les victimes soient davantage écoutées et que leurs paroles ne soient plus remises en cause suite aux déclarations de proches et ce, plus jamais.


B.C.