The Chronology of Water de Kristen Stewart (2025)

Après ses aventures de vampire dans « Twilight »et de pomme empoisonnée dans « Blanche-Neige et le Chasseur », Kristen Stewart a mûri ses choix, s’est tournée exclusivement vers le cinéma d’auteur et passe en 2025 derrière la caméra. Lors du dernier Festival de Cannes, elle a présenté « The Chronology de Water », son premier long-métrage librement inspiré de l’autobiographie de Lidia Yuknavitch, une écrivaine et enseignante américaine, qui se rêvait nageuse professionnelle avant que son addiction aux drogues et à l’alcool ne mette fin à son parcours sportif.
Le film débute lorsque, en pleine décennie 90, Lidia Yuknavitch entretient avec son père une relation houleuse. Il la maltraite verbalement, surtout quand il s’agit d’ouvrir une à une les lettres pouvant annoncer à sa fille qu’elle est titulaire d’une bourse d’études en natation. « Ce n’est pas de ma faute si tu n’es pas assez méritante pour ne même pas en obtenir une complète ! » lui dit-il en se moquant presque alors qu’elle murmure en voix off avoir « le goût du sang dans la bouche ».
Le père la regarde de manière bizarre… en fait, comme un objet. Il peut donc à ses yeux tout se permettre puisqu’elle n’est pas respectable. Elle n’est qu’une pute allumeuse qui le fait partir en vrille. Il osera « se servir » et abuser d’elle.
Le film montre de manière crue et viscérale comment un inceste peut foutre en l’air une vie. Lidia Yuknavitch cherche sa place, une liberté retrouvée. Liberté de son corps, de ses mots, de ses choix. Elle tombe et se relève de nombreuses fois. Elle devient collaboratrice d'un cours d'écriture de romans. Les mots permettent de faire sortir les maux pour mieux les dompter et s’offrir le parcours professionnel qu’elle mérite.
En 2011, « La Mécaniques des Fluides », biographie et mémoires de Lidia, deviendra un phare et un repère pour de nombreuses personnes.
Même s’il est très tentant de dire « encore et encore » pour des portraits de femme qui osent démontrer à l’écran jusqu’où mènent des violences physiques et sexuelles pour mieux les déconstruire, ce film se classe dans la rubrique « Plus jamais ça » pour l’horreur d’habiter sous le même toit qu’un violeur, ce monstre qui prend très souvent, statistiques à l’appui, le visage d’un père, d’un oncle, d’un frère ou d’un cousin.
L.L.
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