Le gang des amazones de Melissa Drigeard (2025)

Melissa Drigeard est une actrice, réalisatrice et scénariste française née en 1982. Etudiante au cours Florent, elle va débuter sa carrière dans la pièce « Juste la fin du Monde »de Jean-Luc Lagarce. Etre actrice ne lui suffit pas et elle va se lancer dans l’écriture. Mais c’est la réalisation qui la passionne le plus.


En 2014, elle tourne « Jamais le premier soir »avec Alexandra Lamy et Mélanie Doutey avant de se diriger vers les séries télévisées. En 2019, elle écrit et réalise « Tout nous sourit »avec Elsa Zysberstein et Stéphane De Groot. Le film obtiendra le « Prix spécial du Jury »au « Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez ».


« Le gang des Amazones »a été présenté en exclusivité au « Festival du film francophone d’Angoulème » en 2025. Il s’inspire de l’histoire de cinq jeunes femmes qui ont braqué sept banques dans la région d’Avignon au début des années 90. C’est la presse qui leur a donné ce surnom. Trente ans plus tard, la réalisatrice s’empare de ce fait divers et rencontre les autrices pour en faire un film. Les langues se délient.

Elles ont entre 20 et 28 ans, Katy (Lyna Khoudri), Malika (Kenza Fortas), Hélène (IZïa Higelin), Laurence (Laura Felpin) et Carole (Mallory Wanecque) sont des amies d’enfance.
Elles sont en galère et vivent de petits boulots. Deux d’entre elles sont des mamans solos. Elles ne s’en sortent pas, comme leurs mères avant elles.

Hélène (IZïa Higelin) a trois enfants. La caisse d’allocations familiales lui réclame un trop-perçu. Il ne lui reste pratiquement plus rien pour vivre et personne pour l’aider.


« Autour d’un café, on a pensé aux banques »raconte-t-elle. A l’époque, c’est là qu’il y a de l’argent. Leur premier casse aura lieu à l’Isle-sur-la-Sorgue, l’endroit où elles vivent.


C’est facile ! Mais l’argent part vite. La tentation de recommencer est la plus forte. Les caméras ne sont pas performantes comme aujourd’hui. Sous leurs déguisements, on ne les reconnait pas.


Et puis, il y aura le braquage de trop. Celui où elles vont commettre l’erreur fatale qui va les mener en prison.

Le film parle de braquages, de détention, de procès mais il met surtout en exergue le déterminisme social. Quelle issue pour toutes ces femmes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Elles n’ont pas de diplôme, les pères sont absents et ne pourvoient pas au bien-être des enfants et surtout, elles reproduisent le mode de vie qu’elles ont toujours connu.


Beaucoup de sororité également. Tout d’abord entre ces 5 femmes qui s’épaulent l’une l’autre mais aussi avec la juge d’instruction qui va provoquer un vice de procédure. Elles sont remises en liberté en attendant leur procès.

Cela va prendre des années. Les esprits se sont calmés, elles ont repris une vie plus ou moins stable et puis, les banques ne sont pas très bien considérées avec leurs taux d’emprunts faramineux.


Elles écoperont d’une peine avec sursis (pour la plupart) mais la réelle peine sera de rembourser tout l’argent volé tout au long de leur vie.

Aujourd’hui encore, de nombreuses femmes peinent à joindre les deux bouts même avec un travail rémunéré. Les choses n’ont pas réellement changé.


V.M.