Vivaldi et moi de Damiano Michieletto (2025)
.jpg?etag=W%2F%22b7b38-691ef2ba%22&sourceContentType=image%2Fjpeg&ignoreAspectRatio&resize=193%2B269&quality=85)
Damiano Michieletto est un metteur en scène italien né à Venise en 1975. Il est spécialisé dans l’opéra. « Vivaldi et moi » est son premier long métrage.
A l’instar de « Gloria » de Margherita Vicario (2024), le film se déroule dans un orphelinat pour jeunes filles, à Venise : l’Ospedale della Pietaa. L’histoire se passe au XVIIIème siècle. Les jeunes orphelines y sont éduquées à la soumission absolue en attendant qu’on leur trouve un mari. Leur seul atout est leur virginité.
Abandonnées à la naissance, elles n’ont aucune dot. La plupart épouseront des vieux mécènes qui les reçoivent en échange de leurs donations. Que peuvent-elles espérer de mieux ?
Elles sont formées à une éducation musicale d’exception mais une fois mariées, elles devront oublier leur passion et ne plus toucher un seul instrument. Leur avenir se résumera alors à obéir au mari et maître qui leur est imposé. Avec un peu de chance, elles survivront aux multiples grossesses qui jalonneront leur existence.
Les petits concerts en extérieur sont les seules joies de ces infortunées. Mais le retour est toujours difficile, leur sort de captive s’avère encore plus dur quand on a goûté à autre chose.
C’est dans ce contexte que Cecilia (Tecla Insolia) évolue. Elle espère toujours que sa mère viendra la rechercher. Elle joue du violon, elle est très douée. C’est sa résilience.
Un nouveau maître de musique arrive dans l’institution. Il s’appelle Antonio Vivaldi (Michele Riondino). Il la remarque et la prend sous son aile. Elle manque de confiance en elle, il va la valoriser et lui faire croire en son talent.
Cecilia est promise à un noble, parti à la guerre contre les turcs (Stefano Accorsi). Elle devra l’épouser lorsqu’il reviendra. Elle aime la musique, c’est son seul plaisir. Elle est premier violon dans l’orchestre de Vivaldi.
La guerre est terminée, le triste sire vient chercher son dû. Cecilia ne veut pas l’épouser et monte un stratagème pour arriver à ses fins (rester au couvent et continuer à jouer de la musique avec Vivaldi). Malheureusement, les choses ne se passent pas toujours comme on l’aurait voulu…
Damanio Michielotto filme Venise, sa ville natale, avec passion. La Venise des années 1720 a été reconstituée avec minutie et la musique de Vivaldi est omniprésente. Elle accompagne chaque moment de l’histoire.
Le film est inspiré du roman « Stabat mater » de Tiziano Scarpa. Ce n’est en aucun cas un biopic sur le célèbre musicien mais le portrait d’une jeune femme qui rêve d’émancipation. Ils se croiseront à un moment de leur existence.
On y aborde également le déterminisme social. Quel sort peuvent espérer des jeunes filles abandonnées à la naissance dans une société où les femmes n’ont aucun droit ? La musique est leur seul espace de liberté. Quand Cécilia ose affronter l’Eglise et la noblesse en refusant un mariage forcé, on le lui fera regretter.
« Plus jamais ça » aimerait-on crier mais partout dans le monde, les femmes ont-elles réellement le choix de leur destinée ?
V.M.
Copyright © Tous droits réservés