Une année italienne de Laura Samani (2025)

Laura Samani a étudié au « Centre Expérimental du Cinéma » à Rome. Née en 1989 à Trieste, elle a réalisé son premier court métrage « La Santa che dorme » en 2016. Son premier long métrage « Picolo corpo » a été sélectionné à « La semaine de la critique » à Cannes, en 2021.

« Une semaine italienne » est son second long métrage. Le film a été présenté en première mondiale à la « Mostra de Venise » en 2025. Giacomo Covi y a obtenu le « Prix Orizzonti » du Meilleur acteur pour le rôle d’Antero.


Le film est adapté librement du roman éponyme de Giani Stuparich.


Trieste, septembre 2007, Fred (Stella Wendick), une jeune Suédoise de 17 ans, vient d’arriver en ville avec son père. Elle s’inscrit en terminale dans un lycée technique où il s’avère qu’elle est la seule fille dans une classe entièrement composée de garçons. Les jeunes pubères boutonneux ne se tiennent plus. Leur taux de testostérone est à son apogée et comme souvent dans ce cas de figure, la jeune fille va faire l’objet d’une misogynie primaire.


Elle va subir des dragues lourdes sans aucune subtilité, le vol de ses vêtements dans la salle des douches et les remarques sur son physique lorsqu’elle écrit au tableau. Les petits mâles décérébrés sont plus bêtes que dangereux et Fred n’éprouve pas beaucoup de difficultés pour les remettre à leur place. 


Très vite, elle remarque un garçon un peu plus futé et réservé que les autres, Antero (Giacomo Covi). Il lui plait et iels vont faire connaissance. Il fait partie d’un trio de copains avec Pasini (Pietro Giustolisi), le séducteur et Mitis (Samuël Volturno), le protecteur. C’est tout naturellement que la jeune fille va s’intégrer à la petite bande. « Elle est notre pote », diront-ils.


Mais Fred est jolie, exubérante, solaire et n’a pas froid aux yeux. Secrètement, ils sont tous les trois amoureux d’elle. Elle leur dit qu’aucun d’eux ne lui plait mais on voit très bien le regard différent qu’elle porte sur Antero.


Une jolie romance va débuter, en cachette. Lorsque que les deux autres vont s’en apercevoir, tout va partir en vrille. Les petits coqs vont s’écharper, chacun voulait remporter le trophée.


Evidemment, la coupable est toute trouvée ! Avant l’arrivée de Fred, ils s’entendaient si bien ! C’est elle, la cause des problèmes ! Ils vont tous les trois lui tourner le dos, même son amoureux. Un jour, elle arrive au lycée et tous les regards sont braqués sur le mur où il est écrit en grand « Fred est une pute ». Cela en est trop pour la jeune fille…


Le film est raconté via le regard et les sensations de Fred dans une période charnière qu’est la fin de l’adolescence. Tout est plutôt suggéré que montré, avec des cadrages serrés sur son visage. On perçoit aisément ses désirs, ses doutes et les compromis qu’elle accepte parfois de faire malgré elle.


Laura Samani effleure également des thématiques toujours actuelles comme le consentement, le harcèlement et le sexisme. Les personnages masculins restent cependant un peu trop gentils et potaches.


Pourtant, Fred souffre de la masculinité toxique ambiante. Celle qui enferme les jeunes garçons dans des injonctions sociales. Non, les filles ne sont pas les responsables de ce qu’on leur fait ! Des vêtements sexys, un geste, une attitude ne doivent pas les condamner à subir les outrages des petits mâles qui se sentent provoqués.


Peut-on espérer un jour envisager les choses autrement ? « Plus jamais ça » avons-nous envie de crier. 



V.M.