Qui brille au combat  de Joséphine Japy (2025)

Révélée par « Respire » de Mélanie Laurent, Joséphine Japy passe à son tour derrière la caméra avec « Qui brille au combat », un premier long métrage à la fois intime, personnel et ambitieux.


Bertille (Sarah Pachoud) est la plus jeune des deux sœurs de la famille. Elle est atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. La famille vit au rythme de cette jeune adolescente de 15 ans qui accapare toute l’énergie, les pensées et le quotidien de son entourage. Madeleine, la mère (Mélanie Laurent), Gilles (le père) et Marion (la sœur ainée) composent comme iels peuvent avec les exigences et le rythme qu’impose la pathologie de Bertille, avec toutes les incertitudes et l’angoisse d’une mort précoce. Quel avenir se profile ? L’angoisse est permanente. Lorsqu’un nouveau diagnostic est posé, un nouvel horizon se profile...


« Qui brille au combat » est le sens étymologique du prénom de Bertille mais aussi un titre qui colle parfaitement à l’esprit du film. Une histoire où les femmes brillent par leur intelligence, leur courage face à l’adversité, leur engagement et leur détermination sans faille. A la fois du côté de la mère jouée par une Mélanie Laurent combattante, présente, investie, qui tient sur la longueur. Une maman impliquée tant pour la cadette qui réclame une attention de tous les instants et des soins quotidiens, que pour l’aînée afin qu’elle trouve aussi sa place au sein de la famille. A la fois du côté de Marion (Angelina Woreth) cette sœur ainée que la réalité a rendu trop vite adulte, mature et responsable avant l’âge, tiraillée entre son besoin d’émancipation et la volonté d’aider sa sœur.


A contrario, du côté des hommes, les profils sont nettement moins flatteurs. D’abord, le père qui s’avère être lâche à plusieurs niveaux. Il n’a jamais évoqué l’existence de sa plus jeune fille sur son lieu de travail, sans doute par peur que cela nuise à sa carrière. Il s’échappe régulièrement de la sphère familiale grâce à de nombreux voyages professionnels qui lui permettent de souffler, voire d’entretenir une relation extraconjugale. Il peine à chaque fois à rentrer et à retrouver cette atmosphère de plus en plus pesante. On sent qu’il doute, qu’il pourrait quitter le navire. Déception aussi du côté du spécialiste, un médecin probablement incompétent, plein de certitudes et qui suit l’état de santé de Bertille depuis longtemps. La « médiocrité » l’est tout autant du côté du compagnon de Marion, la sœur aînée, un gars plus âgé qu’elle a rencontré lors d’une soirée, à l’égo surdimensionné et très paternaliste.


C’est une femme médecin, à la fois douée et psychologue qui posera le bon diagnostic (syndrome rare de Phelan-McDermid) et offrira l’espoir d’une plus longue vie à Bertille, un vrai soulagement, notamment pour sa mère qui va pouvoir avancer avec une certaine sérénité.


Un drame touchant et pudique porté par un trio d’actrices excellentes. Une histoire sur le poids de l’engagement familial face au handicap où encore, très souvent, ce sont les mères qui sacrifient une carrière et leur vie personnelle pour s’acquitter des soins à porter à la personne. Cela reste encore malheureusement une tâche dévolue aux femmes. Nous voudrions dire « Plus jamais ça » en espérant que tous les membres de la famille s’investissent équitablement.


C.P.