L'Engloutie de Louise Hémon (2025)


Autrice, réalisatrice et metteuse en scène, Louise Hémon réalise son premier long métrage : « L’engloutie » qui a été présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes. La jeune femme, née en 1983, a fait ses études à Lyon et elle connaît les paysages des montagnes comme sa poche. L’histoire lui a été inspirée par les récits familiaux qu’elle entend depuis l’enfance : une nouvelle écrite par son grand-père et un article rédigé par son arrière-grand-tante, une institutrice de montagne. Elle va nous emporter dans un huis clos enneigé pesant et énigmatique.


Le film débute par l’arrivée d’Aimée (Galatéa Bellugi - vue notamment dans « Chien de la casse » et « Gloria ») dans un hameau isolé et enneigé des Hautes-Alpes. Jeune institutrice, elle vient y enseigner durant l’hiver, pendant que les mères sont descendues travailler à la ville.


Nous sommes au début du XXème siècle, Aimée croit en sa fonction : apporter le savoir et l’hygiène à ses élèves. Elle ne s’attendait pas à devoir faire face aux superstitions les plus farfelues (il faut laisser des croutes de saleté sur la tête des enfants pour protéger leur cerveau, le cercueil qui ne peut être enterré à cause du gel va être placé sur le toit de l’école pour que le mort bénéfice des rires des enfants,…).


Petit à petit, elle découvre un monde étrange, régi par la loi de la nature. Le froid est omniprésent et il engourdit paysages et habitant.e.s.


Le format carré du film, les plans fixes et les lueurs des bougies, quand ce n’est pas le reflet de la lune sur la neige, apportent un sentiment d’étouffement et de langueur. On se sent aussi mal à l’aise que la jeune institutrice désemparée dans ce milieu hostile.


Les figurant.e.s, non professionnel.le.s apportent un supplément d’authenticité.


Tous les ingrédients sont présents mais la sauce ne prend pas… On « s’engloutit », autant que l’héroïne, dans ce film qui ne trouve pas ses marques, oscillant entre récit réaliste et sorcellerie, superstitions et contes de fée.


La jeune institutrice se voit harcelée à la suite de disparitions inquiétantes dans le hameau. Est-elle coupable ? Est-elle devenue maléfique ou est-elle une simple victime ? On s’y perd.


Louise Hémon dit voir dans cette figure persécutée « un archétype de la femme autonome, insoumise et donc, menaçante ». On veut bien la suivre mais alors, il faudrait que la route soit un peu mieux tracée.


Un film qui laisse sur sa faim. Une jeune femme dont on aurait aimé suivre le parcours mais qui disparaît derrière des actes de pseudo sorcellerie non assumés.


Dommage, c’était prometteur.
V.M.