Des preuves d'amour d'Alice Douard (2025)


Alice Douard, née en 1985 à Bordeaux, est une réalisatrice et scénariste française spécialisée dans les courts et moyens métrages.
Avec « Des preuves d’amour », elle signe son premier long métrage sélectionné pour la Semaine de la Critique à Cannes. Ce premier film est la version longue et enrichie de son cours métrage « L’attente » qui avait remporté le César du Meilleur Court Métrage en 2024.


Le 23 avril 2013, après 136 heures de débats, l’Assemblée nationale adopte la loi Taubira autorisant le mariage aux couples de personnes de même sexe. C’est sur une bande sonore de cet archive historique que s’ouvre le film. Nous sommes à Paris en 2014.


Céline (Ella Rumpf) attend l’arrivée de son premier enfant. Mais elle n’est pas enceinte. C’est Nadia (Monia Chokri) sa femme, qui donnera naissance à leur fille dans 3 mois.


Sous le regard de ses amis, de sa mère, et aux yeux de la loi et des autres, Céline cherche sa place et sa légitimité.


Pour l’une, la mère biologique, elle est tout naturellement mère et reconnue comme telle. Pour l’autre, c’est le parcours de la combattante, un long chemin semé d’embûches. Elle doit demander l’adoption, et pour ce faire, entreprendre une série de démarches fastidieuses à l’issue incertaine. Le couple engage une jeune avocate pour les aider. Elle leur dira « vous êtes des pionnières ».


Etre « une bonne mère ». Voilà donc le défi, plutôt l’injonction, qu’elle doit relever.
Mais qu’est-ce que ça signifie exactement ? Elle ne le sait pas vraiment d’autant qu’elle a grandi avec une mère absente (jouée par la très juste Noémie Lvovsky), absorbée par sa carrière de pianiste de renom.

Ella Rumpf et Monia Chokri forment un duo qui fonctionne parfaitement. Un tandem à la fois complice », mais « ces deux femmes existent aussi indépendamment » comme l’explique la réalisatrice. Celle-ci a opté pour la comédie dramatique, le ton de l’humour et de la légèreté qui contrastent avec la lourdeur des démarches de l’adoption et la profondeur des questions soulevées.


Le film aborde des questions sociétales importantes sur la co-maternité dans un couple lesbien. Il ouvre les yeux sur la nécessité de l’évolution des mentalités quant à la diversité des structures familiales.


Rubrique « plus jamais ça », même s’il s’agit de beaux portraits de femmes, on dénonce ici le parcours de la combattante pour devenir une mère à part entière.
C.P.


En France, deux femmes qui ont un enfant peuvent opter pour la reconnaissance conjointe anticipée, dispositif créé en 2021 permettant de reconnaître les deux mères dès la naissance si l’enfant est conçu par PMA (Procréation Médicalement Assistée), ou choisir l'adoption de l'enfant de la conjointe.
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35858


En Belgique, depuis le 1er janvier 2015, la coparente ne doit plus passer par l’adoption pour qu’un lien de filiation soit établi entre elle et son enfant.
Ce lien de filiation est automatique !
https://www.notaire.be/nouveautes/detail/filiation-de-la-coparente-une-bonne-nouvelle-pour-les-couples-lesbiens#