Dangerous animals  de Sean Byrne (2025)

“Ne jugeons pas un livre à sa couverture”, une célèbre maxime qui s’applique bien à “Dangerous animals”, une production horrifique présentée, à première vue, comme un simple film de requins.  Un sous-genre du cinéma d’horreur popularisé avec le chef d'œuvre de Steven Spielberg “Les dents de la mer”qui a engendré une infinité de productions bien souvent honteuses (la série des “Sharknado”en est un bel exemple).


C’est dans ce contexte pour le moins compliqué qu’arrive cette série B australienne particulièrement corrosive. En effet, sous de faux airs de films de requins, “Dangerous Animals”propose un divertissement estival audacieux : cacher un film de serial killer en utilisant les codes archi-connus du film de requins. Pas n’importe quel serial killer cependant, car celui-ci commet des féminicides en les dissimulant en attaques de requins.


Ce tueur en série des plus originaux “s’amuse” également à filmer la longue agonie de ses victimes, ce dernier accumulant une belle collection VHS de féminicides. Néanmoins, son entreprise “florissante” est parasitée par sa nouvelle et future victime, Zephyr, une surfeuse intrépide et solitaire qui va mettre à mal la folie de son ravisseur, le psychopathe fétichiste Tucker. 


Une manière originale pour le réalisateur Sean Byrne de dénoncer les violences faites aux femmes et ce, au travers d’un spectacle efficace et tendu. Un metteur en scène, Sean Byrne, peu connu par chez nous, qui avait réalisé l’intéressant “The loved ones”en 2009, une histoire de psychopathe féminine fortement influencée par “Massacre à la tronçonneuse”de Tobe Hooper.


Avec “Dangerous animals”, il remet, de nouveau, en scène un psychopathe fasciné, cette fois-ci par les images. Un aspect qui fait d’ailleurs penser à un autre classique “Le voyeur”de Michael Powell. Dans le cas présent, le rôle de Tucker a été confié à Jai Courtney (un acteur habituellement abonné aux films d’action). Ce dernier confère au personnage une folie jubilatoire, tantôt drôle, tantôt menaçante. Un vrai méchant de cinéma dérangé et dérangeant en somme.


Une interprétation qui occulte, néanmoins, celui du personnage féminin du film, Zephyr, interprété par Hassie Harrison (vue dans la série “Yellowstone”). Un rôle pourtant loin d’être inintéressant pour ce personnage cabossé de la vie et en marge de la société. Cependant, la fascination malsaine pour Tucker masque le reste et pose question quant à la place accordée aux “méchants” dans le film et dans le cinéma d’horreur en général.


Malgré ce regard ambigu et parfois complaisant, le réalisateur propose, sous de faux airs de série B estivale, une réflexion pertinente sur les féminicides où le pire prédateur n’est pas celui que l’on croit. En espérant que tout cela ne reste que du cinéma et que pareilles atrocités ne se reproduisent plus jamais dans le monde réel.


B.C.