Ingeborg Bachmann – Voyage dans le désert de Margarethe von Trotta (2023)

Margarethe von Trotta est une réalisatrice, scénariste et actrice allemande née en 1942.
Son œuvre, considérable a été primée à l’échelle internationale. Elle a reçu un « Lion d’or » au Festival de Venise, deux « Prix David di Donatello », un « Hogo d’or » au Festival international du film de Chicago, deux nominations à « La Palme d’or » au Festival de Cannes, …
La réalisatrice du film, Margarethe von Trotta a été qualifiée de « principale cinéaste féministe au monde ». Son objectif est de créer de nouvelles représentations des femmes MAIS elle refuse l’idée qu’elle réalise « des films de femmes ».
Avec « Ingeborg Bachman »,elle réalise un biopic sur un moment de la vie de la célèbre poétesse, auteure, linguiste et penseuse autrichienne : Ingeborg Brachmann. Cette dernière a été nommée pour le « Prix Nobel de littérature ». La réalisatrice s’attarde néanmoins davantage à sa vie de romantique plutôt qu’à son œuvre. C’est son choix.
Ce film est la rencontre de deux femmes importantes et reconnues puisque Ingeborg Bachmann est considérée comme l’une des voix majeures de la littérature germanophone du XXème siècle. L’héroïne est campée par Vicky Krieps (vue notamment dans « Corsage » et « Hot milk »).
La réalisatrice va suivre l’autrice à Berlin, Zurich, Rome et durant son voyage en Egypte. Elle va parler de sa relation avec Max Frisch qui n’accepte pas sa notoriété. Ingeborg est une femme et une écrivaine radicale et sans compromis.
C’est à Paris, lors de la première d’une pièce de l’écrivain suisse Max Frisch (Ronald Zehrfeld) que Ingeborg Bachmann fait sa connaissance. Déjà amoureux, il va organiser une rencontre qui sera suivie d’une promenade romantique dans les rues de la ville. Ils réciteront un poème d’Apollinaire « Le chant des mal-aimés ». Un titre prémonitoire ?
Ingeborg va déménager à Zurich pour vivre avec Frisch mais la routine domestique et, surtout, la jalousie sexuelle et professionnelle de son amant, aura raison de leur amour.
A Rome, elle travaille sur le livret d’un opéra avec le compositeur Hans-Werner Henze (Basil Eidenbenz). Lorsque Frisch la rejoint, il n’est que le petit ami de la célèbre poétesse. Leur relation ne survivra pas.
Le film voyage dans l’espace mais aussi dans le temps puisqu’on retrouve Ingeborg en Egypte, après sa rupture avec Frish, et en compagnie de son nouvel amoureux. Elle aime beaucoup le désert et ses habitants.
Le rythme du film est assez lent mais la chronologie découpée entretien l’intrigue.
Ce n’est pas « Mange, prie, aime » mais on y est presque. Une femme brillante part en voyage pour se remettre d’une rupture difficile. J’exagère un peu, quoique…
Mais c’est avant tout le portrait d’une femme entière qui laisse derrière elle une œuvre considérable. Elle a résisté à un homme qui aurait aimé la mettre dans l’ombre pour prendre toute la lumière. Beaucoup d’autres se sont laissé faire, par amour ou pour une tout autre raison.
Je dis « encore et encore » pour des portraits de femmes fortes qui ont résisté et sont restées dans la postérité.
V.M.
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