Des actrices brisées, des réalisatrices effacées, des projets non mis en avant, ...
Márta Mészáros est souvent considérée comme une femme inspirante pour plusieurs raisons majeures, à la fois artistiques, politiques et personnelles.
Du 28 janvier au 15 février 2026, la Cinémathèque de Paris-Bercy lui rend hommage à travers une rétrospective.
Car, d’abord, elle est une pionnière. Née en 1931, elle devient l’une des toutes premières femmes réalisatrices reconnues en Europe de l’Est, dans un milieu du cinéma largement (ô surprise) dominé par les hommes. En 1975, elle marque l’histoire en devenant la première femme à remporter l’Ours d’or au Festival de Berlin, un exploit symbolique fort pour les femmes cinéastes.
Ensuite, son œuvre donne une voix aux femmes. Ses films abordent frontalement des thèmes alors peu représentés : la maternité, l’avortement, la sexualité féminine, la solitude, la violence conjugale, mais aussi les contraintes sociales imposées aux femmes. Elle filme des héroïnes complexes, imparfaites, souvent en lutte contre des systèmes oppressifs — familiaux, politiques ou sociaux.
Elle est aussi inspirante par son courage politique. Ayant grandi entre la Hongrie et l’URSS, elle connaît de près les dérives du régime communiste. Sans être ouvertement militante, elle critique le pouvoir, le contrôle idéologique et le silence imposé aux individus, notamment à travers des récits intimes et autobiographiques (comme dans la trilogie des Journaux). Faire cela dans un contexte de censure demandait une vraie audace.





Brigitte Helm, révélée au monde par son double rôle mythique dans Metropolis, fut l’une des plus grandes énigmes du cinéma allemand. Après avoir captivé le public dans les années 1920 et 1930, elle choisit pourtant très tôt de tourner le dos à la célébrité.
Alors que le régime nazi tentait d’enrôler les stars du cinéma pour servir sa propagande, Helm refusa catégoriquement de s’y associer. Ce refus lui valut pressions, tensions avec l’UFA et un profond dégoût pour un milieu qu’elle jugeait de plus en plus compromis.
Plutôt que de céder, elle décida de se retirer du cinéma au milieu des années 1930, encore au sommet de sa gloire. Elle quitta l’Allemagne, s’installa en Suisse et prit un nouveau nom, déterminée à protéger sa vie privée et son intégrité. Dès lors, elle se mura volontairement dans le silence, évitant interviews et hommages, vivant loin des projecteurs qu’elle avait pourtant illuminés.
Ainsi, Brigitte Helm demeure l’un de ces visages oubliés du grand écran : une icône qui choisit l’effacement pour ne pas trahir ses principes, laissant derrière elle une légende aussi brillante que discrète.

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