Flashdance d’Adrian Lyne (1983) – 1h35

Une nouvelle fois, le réalisateur et producteur britannique, Adrian Lyne, fait les beaux jours des critiques de Ciné Women. Après « 9 semaines ½ »(1986) et « Liaison fatale »(1987), nous allons nous pencher sur « Flasdance ». Un autre film du « roi du thriller érotique » des années 1980.
Le film donne l’illusion de l’émancipation féminine puisque l’héroïne, Alex (Jennifer Beals) est indépendante et travaille comme soudeuse sur un chantier. Mais ça ne s’arrête pas là car la nuit, elle danse dans un cabaret sexy. Elle semble prendre sa vie en main, elle refuse les pistons et le paternalisme de son patron. Il deviendra quand même son « petit ami ». Une femme a toujours besoin d’un homme…
Difficile de ne pas penser à « Femme des années 80 »de Michel Sardou. L’individu n’est pas vraiment connu pour son féminisme et je ne peux m’empêcher de vous rappeler quelques vers édifiants de cette « sublime » chanson. Ils montrent bien l’image que le patriarcat se fait des femmes actives. Elles peuvent l’être mais selon les critères des hommes.
« Etre un PDG en bas noir
Sexy comme autrefois les stars
Etre général d’infanterie
Rouler des patins aux conscrits
Enceinte jusqu’au fond des yeux
Qu’on a envie d’appeler Monsieur
Etre un flic ou pompier d’service
Et donner le sein à mon fils. »
Alexandra Owens, dite Alex, vit à Pittsburg. Le chômage est partout. La danse classique est sa passion. Elle a appris toute seule mais rêve d’intégrer l’Ecole de l’Opéra de la ville. Pour le moment, ses prestations se limitent au « Mawby’s Bar » où elle ondule sous les regards libidineux des mâles du coin. Certains sont ses collègues de travail. Les danses sont très suggestives, imprégnées des clips musicaux de l’époque. La caméra s’attarde avec complaisance sur les fesses d’Alex. Tout est destiné au plaisir des spectateurs masculins. Le male gaze est à son apogée.
Un soir, Nick Hurley (Michael Nouri), le directeur de l’usine où Alex travaille, tombe sous son charme (et surtout ses charmes). Elle ne veut pas de relation avec son boss. Qu’importe, il la licenciera pour pouvoir l’inviter. Il roule en Porsche, elle circule en vélo. Même sous son casque de chantier, elle reste sexy. Et oui, c’est une femme des années 80. Re-bonjour Michel.
Jennifer Beals n’est pas une danseuse professionnelle et les scènes de danse sont nombreuses dans le film. De vrais clips à part entière qui ne suffisent pas toujours à compenser une intrigue assez légère et prévisible. C’est donc Marine Jahan qui doublera l’actrice. Elle ne sera même pas citée au générique. Cet effacement volontaire est représentatif de l’appropriation du travail des femmes dans l’industrie du cinéma.
Finalement, Alex passe le concours de l’école de danse tant convoitée, après un petit coup de fil de son patron/amant. Elle le réussira haut la main sur « What a Feeling" interprété par Irene Cara, un titre devenu culte depuis.
Mais qu’adviendra-t-il de cette jeune femme douée dans tant de domaines. Avec son patron, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ? Réintègrera-t-elle le foyer après sa petite escapade indépendante et féministe ? Le film ne le dit pas.
V.M.
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