Blue Velvet de David Lynch (1986)

« Blue Velvet » de David Lynch est sorti en 1986. Chez Lynch, les personnages, surtout dans ses films des années 80–90, ne sont pas toujours pensés comme des individus complets mais comme des manifestations d’états émotionnels.


Dans « Blue Velvet », les hommes sont sensibles ou complètement allumés (car drogués et ivres de pouvoir). Les femmes, elles, sont pensées comme deux facettes d’une même pièce. Deux personnages féminins principaux, mais opposés.


Il y a d’un côté Sandy (Laura Dern) dans le rôle de la « figure de lumière », l’innocente angélique, la boussole morale de Jeffrey Beaumont (Kyle Mac Lachlan). De l’autre, Dorothy Vallens (Isabella Rossellini) incarne plutôt la soumission, la douleur, le trauma, la complexité obscure de la sexualité et de la violence (elle aime qu’on lui fasse mal pendant l’acte).


Le problème réside dans le fait que la densité psychologique de ces deux femmes est inexistante. Elles montrent l’une et l’autre un sentiment de fragilité et/ou de passivité.


« Blue Velvet » reprend consciemment des codes du film noir, un genre où les personnages féminins ont souvent été définis par leur relation au protagoniste masculin. Sandy est un accessoire, une épaule sur laquelle pleurer tandis que Dorothy est « un mystère à résoudre ».

Sur le plan de personnages féminins sujets plutôt qu’objets, « Blue Velvet » semble un peu daté. On n’y retrouve pas dedans d’empowerment au sens moderne du terme.



L.L.