The bride de Maggie Gyllenhaal (2026)

« The bride »est le deuxième film de Maggie Gyllenhaal en qualité de réalisatrice. Également scénariste, productrice et comédienne, elle a interprété de nombreux rôles dans le cinéma américain indépendant. Son premier long métrage, « The Lost Daughter », a reçu le « Prix du meilleur scénario » à la Mostra de Venise, en 2021.
Dans le Chicago des années 30, Ida (Jessie Buchley – beaucoup moins sage que dans Hamnet) est une jeune femme complètement déjantée et possédée par l’âme de Mary Shelley (auteure de « Frankenstein ou le Prométhée moderne », paru en 1818). Par sa voix, l’écrivaine exprime ce qu’elle n’a jamais pu dire librement de son vivant. Un soir, Ida accuse un des chefs de la mafia. Cela lui vaudra une chute mortelle dans les escaliers. Elle finira cassée et désarticulée dans une cour sordide.
Franck (Christian Bale) erre seul depuis bien trop d’années. Bien sûr, il est recousu et agrafé de toutes parts, c’est quand même un patchwork de plusieurs cadavres, mais il est le plus humain des monstres portés à l’écran. Bien loin de la créature de Guillermo del Torro, combinaison entre Highlander et Terminator, invincible et destructeur, Franckie attire la sympathie. Il est fan de comédies musicales. Son plus grand bonheur est de fréquenter les salles de cinéma pour voir son idole, Donnie Reed (Jake Gillenhaal) – le petit frère de la réalisatrice, vu entre autres dans « Le secret de Brokeback mountain ».
Il va se rendre chez le Docteur Euphronious (Annette Benning), une scientifique visionnaire, pour lui demander de lui créer une amoureuse. Vous l’avez compris, c’est Ida qui va ressusciter.
Son visage est maculé d’une tache noire et indélébile, issue du liquide qui lui a été inoculé pour reprendre vie. La jeune femme est amnésique mais elle va accompagner celui qu’elle croit être son mari.
Le couple va alors sillonner les Etats-Unis, de cinéma en cinéma. Sur leur passage, iels suscitent les moqueries, iels se défendent et tuent. Ce sont les « Bonnie and Clyde » du cinéma fantastique. Iels sont poursuivis par des enquêteurices atypiques, Jake et Myma (Penelope Cruz) – elle est le cerveau du duo mais comme elle est une femme, elle a juste le statut de secrétaire.
Beaucoup de scènes jubilatoires vont s’enchaîner. Leur danse dans une réception mondaine n’a rien à envier à celle de « Mercredi Adams ». Ida dénonce les féminicides et devient une égérie féministe. Les suffragettes reproduisent sont tatouage facial en criant « Me Too ».
Certes, le film aborde un peu trop de sujets mais il porte avant tout un message féministe. La sororité fait loi. Tous les rôles principaux sont interprétés par des femmes. Ce n’est plus « La fiancée de Frankenstein » mais « La fiancée et … Frankie ». Le film souligne le besoin d’indépendance des femmes dans une société patriarcale. Déjà à l’époque…
Un film baroque, féministe et tellement actuel. Une belle histoire d’amour romantique et tumultueuse dans laquelle le personnage féminin n’est pas une petite chose qui subit les événements et attend son prince charmant. Dans le film « La Fiancée de Frankenstein »de 1935, la fiancée apparaissait pendant quelques minutes et ne disait pas un mot. A présent, elle mène la danse. Jessie Buchley est époustouflante !
« Encore et encore » pour des films réalisés par des femmes et qui proposent une relecture féministe des classiques de la littérature.
V.M.
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