Solo Mamma de Janicke Askevold (2026) – 1h39

Janicke Askevold est une actrice et réalisatrice norvégienne qui vit à Paris où elle a suivi une école de théâtre. Elle va mener de front une carrière entre le théâtre et le cinéma. Elle a notamment tenu le rôle de la fiancée suédoise dans le film « Cloclo » (2012). En 2021, elle sort son premier long métrage « Together alone ». Le second, « Solo mamma »a été présenté dans différents festivals comme Locarno, Tromso et Cabourg.


Edith (Lisa Loven Kongsli) est une journaliste qui a quitté son compagnon parce qu’il ne voulait pas d’enfant. A 40 ans, le désir de maternité est toujours bien présent et la jeune femme fait naturellement appel à un donneur de sperme, pour arriver à ses fins. Elle devient ainsi l’heureuse maman d’un petit garçon, Sigur.


Aujourd’hui, plus besoin de se marier, ni d’avoir une liaison pour devenir mère. Plus question non plus de la fameuse horloge biologique qui pressait tant les femmes autrefois. Elles peuvent congeler leurs ovules et choisir le moment propice pour être enceinte. Les femmes sont indépendantes et libres de leurs décisions.


Edith se pose beaucoup de questions quant à l’hérédité de son fils. Son amie, Dorte (Céline Engebrigtsen), qui a fait appel au même donner, lui apprend qu’elle a trouvé le nom du père biologique de leurs enfants. Edith se laisse alors tenter par l’envie de le retrouver et entame des recherches qui s’avèrent plus faciles que prévues.


Sous le prétexte fallacieux d’un reportage sur les créateurs de jeux vidéo, elle parvient à réaliser une interview de Niels (Herbert Nordrum), à son domicile. Elle peut ainsi découvrir l’homme et son environnement. Il vit avec son épouse et les deux enfants de celle-ci.

Un lien va se créer entre Edith et le père biologique de son fils mais elle continuera à vouloir protéger son enfant.


Le film montre qu’il existe d’autres formes de parentalité que le traditionnel « papa, maman et les enfants ». Il s’oppose au modèle patriarcal qui définit la famille d’après les liens du sang. Sigur est entouré de sa grand-mère et des ami.e.s de sa mère. La famille créée par Edith est tout aussi légitime et complète que n’importe quelle autre. Contrairement à sa mère, Edith a choisi d’élever son fils toute seule.


Beaucoup d’enfants vivent avec un père absent et/ou démissionnaire et avec une mère seule, par la force des choses. En effet, nombre de « mères célibataires » ne le sont pas par choix. Après une séparation, elles doivent reconstruire leur vie avec leurs enfants et souvent faire face à des problèmes financiers. En Belgique, plus de 40% des « mamans solos » vivent sous le seuil de pauvreté, cumulant les emplois précaires, la difficulté à se loger, sans oublier l’isolement social qui en découle.


Le film ne verse pas dans un mélo à l’eau de rose où « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Edith ne va pas tomber amoureuse du père biologique pour élever leur enfant ensemble. Les femmes n’ont pas besoin des hommes pour les sauver. Janicke Askevold a décidé d’écrire le scénario de « Solo mamma »suite à l’histoire d’une amie proche, devenue mère via une PMA.


Dans ce film, on découvre une femme émancipée pour qui la famille traditionnelle et stéréotypée n’est pas incontournable. Elle a choisi de faire un enfant toute seule. Un foyer sans figure paternelle n’est pas un foyer en manque.

« Encore et encore » pour les femmes libres qui souhaitent créer leur famille hors des standards bien ancrés dans la société.


F.G.