Second victims de Zinnini Elkington (2025)

Ces derniers temps, les hôpitaux et leurs problèmes inspirent beaucoup les cinéastes de tout horizon. Je citerai « Au bord du monde »de Guérin Van de Vorst et Sophie Muselle, « En première ligne »de Petra Volpe et « L’intérêt d’Adam »de Laura Wandel.
Zinnini Elkington, actrice, productrice et réalisatrice danoise née en 1989, a également été touchée par le phénomène. « Second victims », son premier long métrage, est un thriller nerveux dont l’action se déroule dans un hôpital de Copenhague.
Comme chaque jour, Alexandra (Ozem Saglanmak), neurologue, doit faire face au manque de personnel. Elle va gérer son service et les urgences, essayant de mener tout de front, avec comme seul soutien, une jeune interne inexpérimentée. Un jeune homme de 18 ans arrive avec sa mère (Trine Dyrholm), il souffre de maux de tête. Le temps manque et la docteure va s’en tenir à un examen sommaire avant de le renvoyer chez lui. Elle continue sa course effrénée dans les couloirs de l’hôpital et quand elle le retrouve, il a fait un accident cérébral et son pronostic vital est engagé.
La réalisatrice va s’intéresser au syndrome de « seconde victim ». Il s’agit des sentiments comme le doute et la culpabilité, que peuvent ressentir les professionnels de la santé lorsqu’un problème grave impacte leur patient. La peur de l’erreur médicale ! Pourquoi n’ai-je rien vu ? Ai-je fait tout ce qu’il fallait ? Ai-je fait le bon diagnostic ?
Zinnini Elkington va suivre Alexandra, caméra nerveuse à l’épaule, dans tous ses méandres, mentaux et environnementaux. Les spectateurices vont vivre les sentiments personnels de la neurologue faces aux relations avec ses patients et leur famille ainsi qu’avec les autres membres de l’institution. C’est filmé comme un thriller avec une bande son énigmatique faite de bruits et d’une musique saccadée et pressante. La tension grandissante et le rythme effréné dans les couloirs interminables aux couleurs vives accentuent encore l’état de stress.
Un huis clos hospitalier qui s’attarde sur la chute d’une femme après une erreur médicale fatale, la « Second victim ». Il montre son isolement et les accusations dont elle fait l’objet alors que l’erreur n’est pas individuelle mais symptomatique d’un système tout entier. Alexandra est le personnage central, elle est de tous les plans. Qu’elle souffre d’épuisement ou de culpabilité, elle montre toutes les facettes de la fragilité humaine.
« Encore et encore » pour des films réalisés par des femmes qui mettent le focus sur des personnages féminins dans le rôle principal, quel que soit le sujet du film. Il n’y a pas si longtemps, la neurologue aurait été un homme…
V.M.
Copyright © Tous droits réservés