Ruido de Ingride Santos Pignol (2025)

Réalisatrice, productrice mais aussi actrice, la catalane Ingride Santos Pinol est connue pour ses courts métrages « Beef »en 2019 et « Lisa »en 2022. Elle est également appréciée dans le monde de la publicité. Co-écrit avec Lluis Segura, « Ruido »est son premier long métrage. Le film a été présenté en première mondiale lors du dernier « Festival de Malaga » avant de participer au « Festival international du film de Seattle ».
Certains domaines restent encore le privilège des mecs. C’est le cas du monde du rap dans lequel les filles peinent toujours à se faire une place. En 2025, les femmes représentaient seulement 13% du paysage hip-hop 1. Pourtant, le rythme, les rimes et le répondant ne sont pas l’apanage des gros bras bodybuildés.
Lati, une adolescente africaine de la banlieue de Barcelone suit, sans grande passion, des cours pour devenir assistante dentaire. Elle a trouvé refuge dans le rap freestyle après la mort de son père. Ce dernier était musicien. Sa mère, attachée aux traditions ne souhaite pas voir sa fille s’engager dans cette voie. Elle considère cela vulgaire.
Encouragée par son amie et coachée par une ancienne rappeuse, elle va s’entraîner et brosser les cours. Sa première expérience de « battle » ne sera pas positive. Son adversaire l’attaque sur son physique, son genre et sa couleur de peau. Il ne faut être sensible ni faire dans la dentelle si on veut se défendre.
Finalement, Lati va surmonter ses peurs et ses blocages et sous le nom de « Latigresse », elle va faire le buz sur les réseaux. Les mâles n’ont qu’à bien se tenir. Elle aussi, elle sait répondre avec des paroles incendiaires. C’est terminé, elle ne se laissera plus faire.
L’actrice principale (Latifa Drame) est charismatique. Elle attire la sympathie et on la suit dans son parcours douloureux pour atteindre ses objectifs. On souffre avec elle et on applaudit quand elle remporte la partie.
Ce film est un plaidoyer féministe où la sororité triomphe pour affronter le machisme, la grossophobie et le racisme dans un milieu où les petits mâles croient encore avoir tous les pouvoirs.
Encore et encore pour de telles héroïnes !
V.M.
1https://www.lefigaro.fr/musique/le-difficile-combat-des-femmes-dans-le-rap-masculiniste-du-xxie-siecle-20250825
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