L’ile de la demoiselle de Micha Wald (2025)

« L’ile de la demoiselle »est le nouveau long métrage du réalisateur belge Micha Wald.


Il signe ici le portrait d’une jeune femme ayant réellement vécu au XVe siècle : celui de Marguerite de La Rocque, incarné par la merveilleuse Salomé Dewaels, récemment récompensée du René de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Nino ». Son talent perce ’écran et son jeu d’actrice est tout simplement époustouflant.


Le film raconte l’histoire d’une jeune femme de la noblesse qui est promise à son oncle qui doit partir pour le Canada. Encore une histoire de mariage forcé diriez-vous, mais le mariage n’aura pas lieu. En effet, ce tuteur, beaucoup plus vieux qu’elle, découvre lors du voyage les menant vers le Nouveau Monde, que Marguerite est enceinte. Il décide alors de l’abandonner sur une ile, appelée « l’ile aux démons », avec pour seule compagnie sa servante, incarnée par Candice Bouchet, dont le jeu d’actrice n’est pas non plus à démériter.

Contre toute attente, son violeur, est lui aussi condamné à errer sur l’ile, pour avoir trahi son seigneur.


Nous suivons donc la survie de cette jeune femme en lutte contre une grossesse non désirée, la faim, le froid et le chantage qu’elle ne cesse de subir de la part de son agresseur. Elle sera en exil sur cette ile durant plus de deux ans et en ressortira vivante. Je ne vous spoile rien en vous révélant qu’elle survit car nous le savons dès le début, puisqu’elle raconte cette histoire à une autre figure marquante de cette période, Marguerite de Navarre. Celle-ci racontera cette aventure dans son livre « l’Heptaméron ».


Un film pour Ciné Women puisque ce biopic narre la lutte pour sa survie d’une jeune femme, qui ne cherche pas à correspondre à ce que la société attend d’elle. On y voit aussi une forme de résistance et une sororité puissante entre la noble et la servante, pour survivre dans un milieu hostile.


Enfin, grâce à l’acting de Salomé Dewaels, nous pouvons assister à une belle émancipation d’une jeune femme, à une époque, où leurs droits étaient encore bafoués. Un beau rôle de femme qui montre que déjà au XVe siècle, il y avait des modèles à suivre et à prendre en exemple. On en veut encore et encore.


N.R.