Simona Kossak de Adrian Panek (2024)

Adrien Panek est un réalisateur et scénariste polonais. Il est membre de l’Académie polonaise du cinéma et en 2018, il a reçu le prix du meilleur réalisateur au Festival du long métrage polonais de Gdynia.


Simona Gabriela Kossak a bel et bien existé. Elle est née à Cracovie en 1943. Elle était biologiste, zoologue, professeure des sciences forestières et écrivaine polonaise. Une femme oubliée de l’histoire. Une de plus.


Issue d’une famille d’artistes (son grand-père, son père, ses tantes, sa sœur sont peintres, écrivain.e.s ou poètes), elle fait figure d’exception. Elle choisit de rompre avec les traditions familiales pour s’installer au cœur de la forêt de Białowieża, dans un pavillon sans électricité ni eau courante.


Elle travaille sur son doctorat dont le sujet est « Les déterminants environnementaux et intraspécifiques du comportement alimentaire du chevreuil d'Europe, en milieu forestier ». Cette espèce d'ongulé est alors menacée par des chasses intensives et méprisée pour son apparente inutilité.
 
Elle noue une relation amoureuse avec le photographe Lech Wilczek, avec qui elle partage ses passions. On comprend aussi que les « Kossak » sont malmenés par le nouveau régime communiste qui s’installe alors. Iels vivent dans le vieux manoir, fief de leur noble famille. A l’intérieur du foyer s’installe une certaine décadence et se jouent des humiliations et rejets de la part de la mère.


Simona se consacre à la protection de la faune et de la flore et s’investit dans l'écologie comportementale des mammifères. Elle aime se définir comme psychologue animale ou zoopsychologue. Simona les soigne, les câline, les observe.


Elle a vécu pendant plus de 30 ans en forêt, dans cette ancienne maison forestière sommairement restaurée qu'elle aménage avec les affaires héritées de sa famille. Elle est entourée d’animaux  et notamment, d’une laie, nommée Żabka (grenouille en français). Elle se déplace en komar, une moto, ainsi qu’avec un tracteur tout-terrain ou des skis de randonnée. Elle décide de recourir à la littérature et aux médias pour sensibiliser la société polonaise et internationale.


Portrait d’une femme surprenante, libre et indépendante, très en avance sur son temps, à contre-courant de sa lignée, et extrêmement intelligente. Une scientifique, un « esprit de la forêt ». Elle se consacre à ses passions, elle choisit l’isolement et la nature avec laquelle elle vit en harmonie. « Celle qui parle et marche avec les animaux »se bat pour les écosystèmes et contre les conventions.


Le gouvernement polonais lui a décerné la Croix d’or du mérite en 2000, la plus haute distinction civile, pour son travail et ses recherches en faveur de protection de la forêt de Bialowieza. En 2003 elle a été nommée directrice du département des forêts naturelles, poste qu’elle a occupé jusqu’à sa mort en 2007.


Un biopic à classer indubitablement dans la catégorie « Encore et encore » pour cette femme d’exception qui à tout d’une grande et qui mérite hautement de faire partie de l’histoire des femmes inspirantes.

C.P.