Ma frère de Lise Akoda et Romane Gueret (2025)

De prime abord, le titre du film ne m’emballait pas mais Amel Bent faisant partie de la distribution, je me suis laissée tenter. Un énième film sur les jeunes des cités qui partent en vacances ? Quel sera le petit truc en plus ?


Après « Les pires »(2022), récompensé par le prix « Un certain regard », les deux réalisatrices ont présenté « Ma frère » au Festival de Cannes, en 2025.


Le « parler » des cités est parfois difficile à comprendre mais on finit par s’y faire. Il est vrai que derrière une certaine légèreté de ton, les réalisatrices abordent des sujets importants comme la sexualité, le genre, le racisme, la précarité, les violences intra-familiales, le consentement,… Projet très ambitieux en moins de deux heures. On ne peut que survoler. Les clichés faciles sont légion. C’est dommage.

Les dialogues, assez pauvres, sont souvent vulgaires et le contenu laisse à désirer. L’intérêt réside dans la naïveté et la drôlerie des propos lancés de manière frontale et sans fioritures pour les atténuer.


« Dis, t’es un garçon ou une fille ? », « Quand tu vas aux toilettes, tu vas chez les femmes ou chez les hommes ? ». On pouvait faire mieux pour connaître le genre du mono androgyne (à l’excès). Mais en fait, pourquoi le lui demander ? Tout est exagéré et surjoué. Il ne faut pas forcément en faire des tonnes pour faire passer un message… Mais encore faut-il qu’il y en ait un.


Le scénario n’est pas très innovant. Shaï (Shirel Nataf), vue récemment dans "Les filles du ciel" de Bérengère McNeese et Djeneba (Fanta Kebe), deux amies d’enfance partent comme monitrices dans une colonie de vacances dans la Drôme. Sous l’égide de la directrice de la colo, Amel Bent, aussi passionnée et empathique que dans « The Voice », elles vont vivre avec les enfants de leur cité qu’elles connaissent déjà. On peine d’ailleurs à discerner quels sont les enfants et quel.le.s sont les moniteurices. Ces mi-ados-adultes ne semblent pas plus matures que les jeunes dont iels sont responsables.


Cependant, le film est plaisant et sent bon l’été. Les enfants comédiens sont touchants de sincérité. Les comédien.ne.s ne lésinent pas face à la tâche. Le film alterne entre l’humour et la gravité. On se confie en faisant griller des chamallows autour du feu.


Un film réalisé par un duo de réalisatrices qui donne la part belle aux filles, les deux actrices principales, différentes mais qui se complètent. L’une étouffée par sa famille et un frère macho et l’autre abandonnée par sa mère et en charge de son jeune frère.


Un film solaire, qui malgré toutes ses imperfections, mérite le détour. « Encore et encore » pour les filles au cinéma, devant et derrière la caméra.


V.M.