Aux jours qui viennent de Nathalie Najem (2025)

« On commence à voir de nouveaux récits sur les femmes », déclare la cinéaste Nathalie Najem. Avec « Aux jours qui viennent », elle propose un premier long métrage « coup de poing » sur l’emprise, les violences conjugales mais aussi la sororité.
Un thriller « sentimental » et engagé, sélectionné au « Festival Ciné-Citoyen de Vannes », qui plonge les spectateurices dans un suspens et une peur grandissante, jusqu’au dénouement.
Laura (Zita Hanrot) vit seule avec sa fille Lou après une séparation tumultueuse avec Joachim (Bastien Bouillon). Comme toutes les mamans solos, elle peine à joindre les deux bouts. Le père est absent aussi bien sur le plan affectif que sur le plan pécunier.
Elle est seule également pour faire face aux reproches de sa fille au caractère bien trempé. Elle essaie de reconstruire après une relation toxique.
Joachim vit à présent en Italie avec sa nouvelle compagne Shirine (Alexia Chardard). Il est possessif, jaloux, il l’empêche de faire son métier et il continue à se droguer malgré ses vaines promesses. Shirine vit sous son emprise et accepte tous ses débordements jusqu’au jour où c’est trop !
Bastien bouillon a quitté ses rôles de gentil garçon (« Partir un jour » d’Amélie Bonnin, « Connemara » d’Alex Lutz) pour incarner un homme jaloux, paranoïaque et violent. On y croit malgré son physique de gendre idéal. Les monstres n’en ont pas toujours l’apparence.
Finalement, Shirine le quitte, au péril de sa vie et va trouver refuge chez Laura. Son arrivée va faire ressurgir les démons du passé chez la jeune femme. Elle avait subi les mêmes violences. Les deux femmes, victimes du même homme, à des stades différents de la relation, vont s’allier et se soutenir.
L’atmosphère devient de plus en plus oppressante au fil du récit et la bande son y est pour beaucoup. Une variation de « Nisi Dominus – Cum Dederit) de Vivaldi accompagne et rythme l’histoire.
Nathalie Najem montre la violence sourde et étouffée de l’emprise : la domination psychologique, le contrôle, la possessivité jusqu’à l’effacement de l’autre. Les 2 actrices incarnent leurs rôles respectifs tout en pudeur et en intensité. On ressent leurs angoisses et on ne peut que leur témoigner de l’empathie.
Je dis « Encore et encore » pour ce film qui démonte les mécanismes de l’emprise et de la violence conjugale et surtout, qui montre que l’on peut dire « non » et s’en sortir. Les femmes ne sont pas seules et la sororité est une des solutions.
V.M.
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