Dreams de Michel Franco (2025)
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Michel Franco est un cinéaste mexicain né en 1979. Il est connu grâce à son film « After Lucia » - lauréat du prix Un certain regard au Festival de Cannes en 2012. Ses films traitent généralement des familles dysfonctionnelles.
« Dreams » est une critique sociale et cinglante dans laquelle le réalisateur s’attaque au libéralisme cossu et privilégié dont jouit une infime partie du peuple américain.
Le film se déroule à la frontière américano-mexicaine. Jennifer (Jessica Chastain) est la fille d’un homme richissime. Avec son frère, elle s’occupe de la fondation du père. Fernando (Isaac Hernandez) est danseur de ballet, mexicain, sans papiers, arrivé avec difficulté aux Etats-Unis. Iels se sont rencontré·es dans une école de danse financée par la famille des riches philanthropes.
Jennifer est une femme froide et peu sympathique. Cependant, on perçoit sa grande solitude dans son bel appartement ou lors de ses sorties, seule, dans des tenues plus magnifiques les unes que les autres. Elle n’est en fait que le jouet de son père (Marshall Bell) et de son frère (Rupert Friend). Elle ne veut pas leur déplaire et leur obéit en toutes circonstances.
Comme beaucoup de Mexicains, Fernando rêve de l’Amérique, l’Eldorado. Comme beaucoup d’autres avant lui, il n’hésite pas à entreprendre la dangereuse traversée de la frontière. Il veut être un danseur célèbre et connaitre une vie meilleure aux Etats-Unis. Il pense que son amante pourra l’aider à réaliser ses ambitions.
Son arrivée va bouleverser le monde de Jennifer. Elle aspire à un avenir à deux mais ne veut en rien modifier son mode de vie. Elle ne peut s’afficher avec le jeune migrant. Elle le cache et aime l’avoir à sa disposition. Iels entretiennent une relation amoureuse addictive et destructrice. Tous deux évoluent dans des mondes diamétralement opposés. Leur histoire reflète le conflit entre deux pays, deux classes politiques et sociales. Quelle autre issue qu’un rapport de force ? Mais qui domine l’autre ?
La mise en scène est froide et frontale. Les scènes d’amour sont torrides mais crues et assez violentes. L’histoire d’amour est peu réaliste. Dès le début du film, on a peine à y croire. Pourquoi ?
Les codes sont inversés, c’est « Pretty Women » à l’envers. Jennifer est belle, riche et puissante. Elle s’amourache d’un jeune homme sans le sou qu’elle va vouloir aider tant qu’il restera à sa place. « Sois beau et tais-toi... et tu auras tout ce que tu voudras ».
Quand Richard Gere sauve une jeune prostituée du ruisseau, on appelle ça un conte de fée et tout le monde applaudit. Pourquoi l’histoire de Jennifer et Fernando ne peut-elle en être un ? Leur couple est déséquilibré ? Celui qui a bercé des générations d’adolescentes l’était tout autant.
« Encore et encore » pour des modèles de femmes fortes et puissantes qui trouveront un jour leur propre identité sans copier un modèle masculin qui est loin d’être inspirant.
Pourquoi est-ce toujours le mâle qui devrait être le plus vieux, le plus grand, le plus riche,… pour que la fin de l’histoire soit « heureuse » et fasse rêver ? Walt Disney, tu nous as trop conditionné·es.
V.M.
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